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"Il y a tant de temps déjà que le Diable m’a banni de ces prisons obscures, où la vie n’est qu’une longue et sombre nuit. Il y a tant de temps que mon esprit embrumé et lourd a cessé de hanter ce labyrinthe sans issue, ce dédale de tombeaux vides, ce cimetière déserté par ses cadavres.

Mais aujourd’hui, j’ai rejoint l’île morte et ses anges obscurs. J’ai écrit tout cela comme on écrit une épitaphe, les yeux tristes et le cœur mis en terre, car je sais que tu ne m’aimeras jamais et que tous ces mots étalés ici n’auront pas assez de force pour atteindre ton cœur.

J’ai entre mes doigts un de tes cheveux. C’est peut-être ridicule mais ce morceau de toi, c’est un peu toi.

La nuit semble m’emporter loin d’ici, elle me prend sur ses ailes et m’entraîne dans son monde : une île sans frontière aux confins d’un océan sans nom. Il est étrange de voir comme la nuit efface tout, tel un voile d’oubli jeté sur mon âme.

En écrivant ces quelques mots, ton visage vient hanter mon regard. Tes magnifiques cheveux blonds tissent leur toile autour de mon cœur et une curieuse envie de hurler monte dans ma gorge. Un parfum d’amour plane au-dessus de mes yeux et la vie semble un instant s’arrêter, comme pour me permettre de ne pas m’inquiéter du temps qui passe.

J’ai parfois l’étrange sensation que les quelques heures que j’ai passées en ta compagnie ne sont que des rêves, de ces rêves que l’on fait tout éveillé et qui nous hantent plus longtemps encore que les pires des cauchemars, de ces rêves que l’on aimerait ne jamais oublier."

(Les cris du vent, Pour toi, page 148)

"Le vieil homme quitta le porche de la maison. Il n’y avait aucun bruit, aucun bruit à part le lancinant cliquetis de la balançoire. A quelques mètres du vieux portique rouillé, il s’arrêta : vêtue d’une longue robe blanche – celle-là même dans laquelle elle avait été portée en terre -, Estelle, jeune, belle et vivante, se balançait doucement, poussée par le vent chaud et calme. Elle lui sourit, ses immenses yeux bleus s’illuminant étrangement et lui fit un signe de la main, ou bien était-ce seulement pour chasser ses cheveux ? Le pas hésitant, le vieillard s’approcha un peu plus. Une forte bourrasque fit soudain gémir les branches des quelques grands arbres qui entouraient le petit parc. Doucement, la main pâle d’Estelle vint se poser sur la joue du vieil homme. La caresse fut longue et tendre, Rolland eut l’impression d’être effleuré par une aile de papillon. Soudain la caresse se fit griffure. Des ongles longs et acérés s’enfoncèrent tout à coup dans la chair de Rolland… il hurla en reculant vivement.

 

            Devant lui, malgré l’obscurité, il voyait le visage de la jeune femme se changer en une apparition de cauchemar. Ses cheveux, mus par le vent, paraissaient vivants, dansant une étrange farandole autour de la tête d’Estelle ; ses longs bras à présent décharnés tendaient vers le vieillard deux mains noueuses et rapaces… mais le pire restait ses yeux, deux yeux sombres d’où s’échappait un flot de sang noir et nauséabond."

(Les cris du vent, Une vie, page 235)

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